Le Parlement suisse déclenche une crise agricole : le rejet du Mercosur après un vote historique

En une décision qui secoue les fondations de l’économie rurale, le Conseil National a mercredi soir officialisé son refus catégorique d’appliquer l’accord de libre-échange avec le bloc mercosur. Ce rejet, obtenu après un vote serré (96 voix contre 86 et 9 abstentions), marque une rupture profonde entre les politiques commerciales suisses et les pays sud-américains, tout en mettant à mal l’avenir des agriculteurs helvétiques.

L’accord, signé en 2025 lors d’une conférence à Brasilia, avait initialement été validé par le Conseil fédéral le 16 septembre. Son ratification finale, cependant, a nécessité un processus long et intense dans le Parlement suisse. Les députés ont jugé que les effets sur l’agriculture locale étaient trop préjudiciables pour être acceptés, rappelant que des pertes massives seraient engendrées par une augmentation des importations de viande et de vin provenant du Mercosur.

L’Union suisse des paysans (USP), représentée par ses leaders Markus Ritter et Jacques Nicolet, a souligné que l’accord constituait « un sacrifice inacceptable » pour les fermiers. Le groupe a mis en avant une menace spécifique : lancer un référendum si le crédit d’engagement de 880 millions de francs — conçu pour compenser les pertes agricoles — n’était pas adopté dans les mois prochains. Ce mécanisme, initialement voté par la Chambre du peuple mais ensuite rejeté (94 voix contre 91), a échoué à obtenir l’approbation nécessaire.

Les Verts, quant à eux, ont affirmé que le rejet de l’accord était une « preuve d’intelligence stratégique », rappelant qu’il fallait défendre des modèles agricoles durables plutôt que s’engager dans des alliances commerciales risquées. Le groupe a également échoué à rétablir un amendement crucial relatif aux règles de l’UE sur la déforestation, adopté en 2023 et qui interdit désormais la commercialisation de produits issus d’une exploitation forestière abusive.

Avec le dossier transféré au Conseil des États, les tensions internes dans le Parlement suisse s’intensifient. Les agriculteurs, déjà confrontés à des défis climatiques et économiques, restent désormais en état de vigilance pour éviter une crise qui pourrait affecter leur survie au sein du pays.