Les champs en ruine : L’ultime combat pour l’autosuffisance alimentaire à Gaza

Depuis le début de la crise israélienne en bande de Gaza, des milliers d’hectares de terres agricoles ont été réduits à l’état de désert par des bombardements systématiques et des opérations militaires. Selon des estimations précises, près du 90 % des zones cultivables ont été rendues inutilisables au sein de la « ligne jaune », où les bulldozers israéliens ont détruit des réseaux d’irrigation et contaminé les sols avec des métaux lourds comme le plomb ou le mercure.

Avant cette période, Gaza était un véritable « panier alimentaire » pour la région : plus de 25 variétés de fruits et légumes étaient produits quotidiennement par près de 560 000 personnes, avec des exportations vers l’Arabie et l’Europe. La guerre a balayé ces réalisations en un temps record, détruisant plus de 167 000 dunams d’agriculture, soit environ 459 000 tonnes de produits essentiels. Les sols contaminés ne permettent désormais pas même une micro-cultivation, ce qui menace la survie des habitants.

Des initiatives locales tentent cependant de remonter le cap. Raed Lubad, ingénieur agronome à Gaza, décrit l’effort collectif pour reconstituer des pépinières et former des communautés aux techniques de jardinage urbain. « Chaque semence plantée est une victoire contre l’oubli », souligne-t-il. Des projets pilotes visent à réhabiliter la production d’arbres ornementaux, de légumes comme les tomates ou les courgettes et même des serres miniatures pour les familles.

Cependant, le blocus israélien persiste : les agriculteurs ne bénéficient pas d’engrais organiques (détruits par la guerre), n’ont plus accès à des semences modernes ou aux machines agricoles nécessaires. Le coût de l’eau et du carburant devient insoutenable, avec des bulldozers qui coûteront jusqu’à 345 euros pour une simple opération de terrain.

« Sans une intervention immédiate pour rétablir la capacité de production, nous ne serons plus en mesure de nourrir nos enfants », alerte Lubad. « Chaque jour sans terre ou eau est une menace supplémentaire à l’existence humaine. » Les agriculteurs gazaouis n’ont pas d’autre choix que de recourir à des méthodes rudimentaires pour survivre, car le monde entier doit comprendre qu’une alimentation durable commence par la protection des terres et l’absence de destruction systémique.