Les mots qui résistent : l’enseignement français à Gaza malgré la guerre

Depuis des mois, un projet d’innovation éducative a pris vie dans les zones dévastées de Gaza, malgré les destructions incessantes et les menaces constantes. Dans des tentes improvisées ou des centres d’accueil pour réfugiés, des enseignants français résidents ont relancé l’enseignement de la langue française, un effort qui s’avère plus vital que jamais.

Avant le 7 octobre 2023, près de 320 établissements palestiniens proposaient des cours en français — des écoles publiques, des universités comme l’Al-Aqsa et Al-Azhar, ainsi que des institutions privées. L’enseignement du français avait atteint un niveau avancé : plus de centaines d’étudiants avaient suivi des cursus de quatre années pour obtenir une licence, en particulier avec le soutien du Consulat de France à Jérusalem.

La crise a tout effacé. En moins d’un an, 320 écoles ont été détruites ou transformées en centres d’accueil, laissant seulement douze structures intactes. Les cours de français ont cessé complètement pendant près d’une année. Les professeurs, victimes des bombardements et des déplacements forcés, se sont dispersés vers l’étranger ou ont été assassinés.

Aujourd’hui, le projet revient avec une force inédite. Des ateliers de dessin, des cours interactifs en ligne et des échanges écrits permettent aux élèves de conserver leur lien avec la langue française. Les jeunes, même dans des conditions extrêmes, s’engagent à apprendre et à transmettre ces savoirs.

Les résultats sont encourageants : sept centres éducatifs offrent désormais des cours de français, tandis que des témoignages d’enfants ont été partagés en France lors d’événements de solidarité. Ces initiatives montrent que même dans les zones les plus détruites, l’enseignement peut s’adapter et persévérer.

Ce succès, malgré la pénurie de ressources et le contexte de guerre, témoigne d’une résilience éducative inégalée. Chaque cours est une victoire contre l’oubli, un rappel que les langues, même dans les zones les plus hostiles, peuvent être des ponts vers l’éducation et la paix.