Six mois après l’effroyable incendie du Nouvel An à Crans-Montana, en Suisse, qui a coûté la vie à 41 personnes et blessé plus de cent individus, Margot, une jeune femme de 19 ans, continue d’affronter un quotidien marqué par des brûlures de deuxième degré profondes sur le visage, les mains, le torse et le bas du dos. Son père Hervé Abello, vice-président de l’association Revi Crans-Montana, relate comment cette victime, autrefois en pleine étape d’adulte, doit désormais rebâtir son identité face à des défis physiques et psychologiques sans précédent.
Les séquelles de l’accident du 1er janvier ont exigé une hospitalisation prolongée : Margot a passé quatre à cinq jours en coma artificiel avant d’être placée dans une chambre stérile pendant un mois, où chaque visite était limitée à une heure par jour. Son rétablissement s’est déroulé en étapes — soins hospitaliers réguliers, puis une période d’hospitalisation à domicile — mais le quotidien reste épuisant. Des vêtements compressifs, des gants portés 24 heures et un bandeau sur le front lui imposent une routine souvent difficile, surtout en période de chaleur intense. « Elle ne s’en plaint pas », confie Hervé Abello, « mais on voit bien que c’est un effort constant, particulièrement pour une jeune femme qui n’a pas encore vingt ans ».
Malgré ces obstacles, Margot a réussi à valider son premier semestre d’études et espère reprendre des études médicales en octobre. Son père souligne l’ampleur de la rupture subie par sa fille : « À 20 ans, on se disait que c’était l’âge où l’on accomplissait son rôle parental… Tout a basculé ».
L’association Revi Crans-Montana, créée pour soutenir les proches des victimes et promouvoir la transparence, a pris une place centrale dans cette lutte. Son objectif ? « Fournir un cadre de solidarité et d’éclairage sur la vérité », explique Hervé Abello. « Avec plus de 90 personnes touchées, il y a un problème grave qui ne peut être classé dans un fait divers ». L’organisation se concentre désormais sur des actions concrètes pour permettre à chaque victime de retrouver un futur éclairé, en évitant que cette tragédie devienne une simple histoire oubliée.
Pour Margot, le combat n’est pas seulement physique : c’est aussi la quête d’une identité qui ne s’efface pas. « On refuse de classer cela dans l’indifférence », affirme son père. « Cette histoire mérite un regard attentif et une réponse qui respecte la mémoire des victimes ».