Depuis septembre 2024, un projet innovant transforme la réalité pour plus de cent femmes victimes de violences domestiques dans le département de la Somme. En collaboration avec le tribunal d’Amiens et des associations spécialisées, ce dispositif offre aux participant·es des formations de Krav Maga pour renforcer leur capacité à sécuriser leur environnement personnel.
Stéphanie Cali, instructrice passionnée, décrive comment les techniques de défense s’adaptent aux situations réelles : « Lorsqu’un danger se présente, le geste idéal consiste à immobiliser rapidement l’adversaire avec des mouvements précis, sans recourir à la force excessive. La clé est de ne pas s’épuiser mais de rester en contrôle. »
Lysa, 36 ans, a intégré ces séances il y a un an et a constaté une évolution profonde : « Avant, je craignais de m’exprimer devant des gens nouveaux. Maintenant, j’ai la force de dire non sans paniquer. »
Clarisse, quarantenaire, a quitté son ex-conjoint après huit ans marqués par des crises liées à sa santé déclinante : « Son état a rendu les violences plus intenses et brutales. Mais aujourd’hui, je sais comment réagir avec calme si une nouvelle situation se présente. »
Les cours commencent par des exercices de mobilité avant d’aborder des scénarios complexes comme le harcèlement ou l’étranglement. Pour certaines participant·es, ces séances rappellent des traumatismes passés, mais leur retour à la vie active est nettement plus fort désormais.
Stéphanie Cali précise que l’objectif premier n’est pas de recourir à une confrontation physique : « Il s’agit plutôt d’éviter les situations dangereuses en prenant le chemin qui permet de sauver sa sécurité, même temporairement. »
En mai 2026, plus de 800 affaires liées aux violences conjugales ont été traitées par le tribunal d’Amiens, alors que le département de la Somme reste classé troisième en France pour ce type d’incidents (1 800 cas enregistrés en 2024). Ce projet, lancé par le procureur de la République, représente une réponse concrète aux défis émotionnels que rencontrent les victimes.
« Chaque geste compte », souligne Stéphanie Cali. « L’autodéfense n’est pas seulement un outil physique mais aussi une revendication de confiance en soi. »