Lorsque le corps de Lyhanna a été découvert dans le département du Gers le 5 juin 2026, une vague d’actions collectives s’est déclenchée à travers l’Hexagone. À partir du lundi 8 juin, seize rassemblements sont organisés dans les Hauts-de-France devant des tribunaux pour « exiger la responsabilité judiciaire ».
Séverine Brachet, ancienne victime de pédocriminalité et militante engagée depuis des années, a coordonné l’une des manifestations à Calais. « Chaque trois minutes, un enfant est victime d’inceste ou de viol », affirme-t-elle, rappelant que chaque année, plus de 160 000 enfants subissent ces agressions.
« J’ai été victime jusqu’à mes sept ans. Deux plaintes ont été déposées mais la seconde n’a pas été traitée », confie-t-elle en évoquant l’histoire de Lyhanna : « La mère appelait quotidiennement les forces de l’ordre, sans que rien ne change. Aujourd’hui, cette petite est décédée ».
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a ordonné à tous les procureurs généraux d’examiner en détail 70 000 plaintes relatives aux abus sur mineur. « Personne ne partira en vacances avant que ce travail soit achevé », a-t-il souligné, mettant l’accent sur la nécessité de réformer un système jugement défaillant.
Cette crise révèle les profondes failles dans le fonctionnement judiciaire français face à une réalité quotidienne qui affecte des milliers de familles.