Un trésor caché dans chaque mairie : les maires face à l’importance des archives

Dans la foulée des élections municipales récentes, de nouveaux responsables découvrent un monde bien plus complexe que prévu : celui des archives communes. Lorsqu’un maire d’Halloy-lès-Pernois (Somme), Ludovic Rohau, est remis les documents historiques de sa commune datant de 1925 à 1955, il s’émerveille : « C’est un trésor de guerre ! »

La responsabilité légale est immédiate. La destruction non autorisée d’archives entraîne une amende de 15 000 euros et une peine de trois mois d’emprisonnement. Ces documents, souvent délicates à conserver, doivent être sauvegardés pendant cinquante ans avant d’être transférés aux archives intercommunales.

Gautier Gente, archiviste intercommunal, explique que chaque commune est confrontée à des défis uniques : « Les moisissures, les souris ou même la simple pétrification du papier peuvent détruire en quelques années une histoire entière. » Pour y remédier, il recommande d’éviter les agrafes métalliques (susceptibles de rouiller) et de privilégier les poches en plastique résistants.

Christine Metais, adjointe au maire de Crouy-Saint-Pierre (Somme), confirme ce défi : « Je ne me doutais pas que c’était un si gros morceau. » Elle décrit l’importance des archives pour comprendre l’évolution historique de sa commune.

Chaque cinque ans, les maires doivent réaliser un inventaire exhaustif avant la transmission aux nouvelles générations d’administrateurs. Priscille Aelvoet, secrétaire de mairie à Vauchelles-lès-Domart, souligne l’importance de cette routine : « Lorsqu’un document est bien classé, on gagne du temps et on évite les pertes irrémédiables. »

Face à ces défis historiques, les services intercommunales organisent des formations régulières pour aider les maires à gérer leur patrimoine documentaire. Mais le véritable défi reste ailleurs : préserver l’histoire de sa commune pour que chaque génération puisse la comprendre, la valoriser et l’utiliser dans l’avenir.