L’escalade silencieuse des violences contre les chrétiens en Israël : un évêque jérusalemien révèle une crise profonde

Selon un rapport récent du Centre Rossing pour l’éducation et le dialogue, les agressions envers les communautés chrétiennes en Israël ont bondi de 40 % entre 2024 et 2025, avec 155 cas identifiés dans la région de Jérusalem-Est. Ces incidents, selon Mgr Rafic Nahra, évêque auxiliaire de Jérusalem et ancien vicaire patriarcal pour Israël, ne relèvent pas d’une simple escalation mais d’un phénomène structural ancré dans l’enseignement et la politique publique.

« Ce danger n’a pas débuté avec les tensions récentes », souligne le prélat, qui décrit des actes de vandalisme systémique : destruction de monuments sacrés, graffitis injurieux sur Jésus et menaces physiques contre les prêtres. « Les autorités ont trop longtemps ignoré cette réalité », critique-t-il, évoquant un manque de réaction policière dans des situations critiques.

L’évêque insiste également sur une évolution démographique alarmante à Bethléem, où la population chrétienne a chuté de près de 90 % depuis les années 1950 pour se stabiliser aujourd’hui à moins de 10 %. Le chômage élevé et les restrictions aux déplacements forcent des milliers de personnes à quitter leur terre natale, créant un cycle d’émigration qui menace la survie culturelle.

« L’idée de fuir sans réflexion est tentante, mais elle entraîne une perte irréversible de notre identité chrétienne », alerte Mgr Nahra. Son appel est clair : rester dans l’espace sacré, même face à la violence, pour préserver les racines historiques et spirituelles de la communauté.

Pour l’évêque, cette situation n’est pas isolée mais reflète une crise profonde dans le pays, où les systèmes d’enseignement et les structures gouvernementales ne répondent plus aux besoins des minorités religieuses. « La Terre Sainte ne peut être abandonnée par ceux qui la voient comme leur mission », conclut-il.