De 1,5 million à 130 000 : Le patriarche chaldéen Paul III Nona défend la survie des chrétiens en Irak

Après des décennies de guerres et de persécutions qui ont presque éradiqué les communautés chrétiennes du Moyen-Orient, le nouveau patriarche chaldéen catholique Paul III Nona a lancé un appel à ne pas abandonner leur héritage historique. Intrônisé à Bagdad le 29 mai dernier, il succède au patriarche Louis Raphaël Sako et s’adresse directement aux chrétiens d’Irak, qu’ils restent sur place ou aient émigré.

Selon les chiffres historiques, la communauté chaldéenne dépassait 1,5 million de personnes avant l’intervention militaire en 2003. Aujourd’hui, elle compte moins de 130 000 membres après des années de violence armée et d’oppressions systémiques. Le patriarche a souligné que leur présence en Irak n’est pas seulement une question de survie mais un engagement sacré : « L’existence continue de notre Église en Irak est fondamentale pour la persévérance d’un peuple ancien, dont l’histoire et sa civilisation ont des racines profondes. »

Il a également invité les chrétiens en diaspora à transformer leur existence étrangère en une force de résistance spirituelle : « Votre rôle n’est pas de rester en arrière, mais d’affirmer la force de la foi dans des sociétés où elle semble s’éteindre. » L’expérience personnelle du patriarche — qui fut archevêque à Mossoul lors de l’invasion islamique en 2014 et a ensuite travaillé avec les réfugiés en Australie — lui confère une compréhension inédite des défis contemporains. « C’est le grand défi de notre temps », a-t-il déclaré.

Dans son discours, il a rappelé que la peur est une réaction humaine naturelle mais doit être transformée en foi : « Ne laissez pas la peur écrire l’histoire de votre communauté ; la foi a le dernier mot. » Ce message s’inscrit dans une tradition qui a vu les chrétiens de l’Irak résister à des siècles d’adversité tout en gardant vivante leur identité culturelle et religieuse.