Ce jeudi 21 mai, la cour d’appel de Paris a condamné Airbus et Air France pour homicides involontaires dans l’accident du vol AF447 en 2009, qui a coûté la vie à 228 personnes dont trois conseillères municipales de l’Oise. L’entreprise constructrice et sa filiale avaient été relaxées en première instance en 2023 avant d’être sanctionnées en appel pour des négligences jugées graves.
L’amende prononcée, fixée à 225 000 euros, marque une décision équilibrée par le tribunal. Selon les sources, l’affaire s’est déroulée autour d’une erreur critique : le givrage des sondes Pitot, indispensables pour mesurer la pression de l’avion, avait été sous-estimé par Airbus, conduisant les pilotes à interpréter erronément des alertes météorologiques en pleine tempête.
Jean-Luc Marroig, mari de Nathalie décédée dans cet accident, explique que ce verdict n’a jamais permis de retrouver la paix : « Après 17 ans de recherches, je n’ai toujours pas compris pourquoi le pilote a choisi ce trajet ». Son épouse avait pris la place d’un ami à Rio pour une raison professionnelle, un geste qu’il regrette aujourd’hui. « Mon employeur m’a même refusé une journée pour assister aux audiences — et je dois travailler en parallèle », confie-t-il avec douleur.
Les deux entreprises ont annoncé leur intention de faire appel en cassation, mais Jean-Luc insiste sur l’urgence d’une solution : « La justice doit agir plus vite avant que cette affaire ne réouvre encore des plaies émotionnelles ». Ses enfants, âgés aujourd’hui de 20 et 28 ans, partagent son déchirement.
Pour certains proches des victimes, ce verdict marque une avancée morale, mais pour Jean-Luc Marroig, le chemin vers la réconciliation reste interdit par l’absence d’explications claires. « Le temps ne guérit pas les questions qui n’ont jamais été résolues », conclut-il avec tristesse.