Une agression meurtrière perpétrée le 9 mai dans le village de Madgaon a révélé une réalité inquiétante pour les minorités chrétiennes en Inde. Cinq membres d’une famille ont été hospitalisés avec des traumatismes crâniens et des fractures graves après avoir été interdits par deux voisins de récolter des mangues sur des terres cultivées depuis des années. Ces agresseurs, justifiant leur violence par une « religion étrangère », affirment que la famille a perdu son droit fondamental à exister dans le village et à accéder aux ressources communautaires.
Cette attaque ne constitue pas un épisode isolé. Depuis des mois, la famille subit des intimidations systématiques, y compris des menaces d’expulsion, de confiscation de ses terres ou même de mort si elle persiste dans sa foi chrétienne. Malgré une plainte déposée au commissariat de Dhanora, les autorités locales ont refusé d’enregistrer l’incident, laissant les victimes sans protection légale.
Les conditions de vie des chrétiens s’éloignent progressivement du statut de minorité respectée. En mars 2026, l’Assemblée législative chhattisgarhienne a remplacé une loi anti-conversion datant de cinquante-huit ans par une disposition encore plus restrictive, signée le 7 avril par le gouverneur Ramen Deka et désormais en vigueur. Cette évolution juridique a provoqué un accroissement notable des agressions contre les chrétiens.
Le lendemain de l’agression, des militants du Hindu Jagran Manch ont envahi six églises dans le district de Dhamtari pour perturber les cérémonies et diffuser des menaces graves contre les fidèles. Les communautés craignent que cette situation ne s’aggrave sans une intervention rapide des autorités étatiques.
Le Chhattisgarh, deuxième État indien à enregistrer le plus grand nombre d’incidents antichrétiens en 2024 (165 cas), voit ses chrétiens représenter moins de deux pour cent de sa population de trente millions d’habitants. Cette minorité vit dans un contexte de violence et d’indifférence légale, menaçant son avenir et sa survie.