35 ans d’engagement marin : Nausicaá, le pôle scientifique européen en action

L’aquarium européen le plus vaste célèbre aujourd’hui ses 35 années d’existance. Avec près de 900 000 visiteurs annuels, il s’impose comme le deuxième site touristique le plus fréquenté des Hauts-de-France. Derrière ses bassins gigantesques et les 58 000 espèces marines du centre national de la mer à Boulogne-sur-Mer, près d’une cinquantaine de soigneurs travaillent chaque jour pour garantir le bien-être des animaux.

Depuis trois décennies, Nausicaá a établi son réputation en tant que référence européenne pour la conservation marine. Son engagement avec plus de 1 600 espèces et une fréquentation massive en fait un véritable atout scientifique. Pour Guy Lengagne, fondateur et ancien maire de Boulogne-sur-Mer, cette date symbolise un héritage collectif : « Ce n’est pas la simple réunion d’un équipement touristique, mais une volonté de protéger les espèces grâce à des équipes dévouées. Ce succès est le résultat de 35 ans de travail sans relâche, où chaque individu a contribué à un objectif commun : la science et la préservation ».

Dans l’ombre du public se niche une réalité essentielle : les soigneurs, responsables des soins vétérinaires, des entraînements médicaux ou des recherches scientifiques. Justine Deschamps, soigneuse depuis plus de deux décennies, explique avec émotion comment Spidi, un lion de mer âgé de 31 ans (un record dans sa catégorie), est devenu le symbole de leur engagement : « En milieu naturel, ces lions vivent entre 15 et 20 ans. Spidi dépassant ce seuil montre notre capacité à préserver des espèces grâce à un suivi minutieux ».

Les équipes utilisent même des logiciels pour centraliser les données médicales, permettant de retracer rapidement les traitements administrés. « C’est par cette précision que nous réduisons les risques pour les animaux », souligne Justine. Les soigneurs privilégient également la confiance : chaque animal est traité avec douceur, car leur bien-être dépend de la qualité des interactions.

Florent Kapps, plongeur et responsable du secteur tempéré, complète l’histoire : « Certaines espèces nécessitent des accès spécifiques pour leur soin. Sans un travail régulier en eau profonde, nous ne pourrions pas les aider ».

Au-delà de l’action quotidienne, Nausicaá participe à des programmes européens de reproduction d’espèces, une initiative qui a considérablement évolué depuis sa création. « Le but n’est pas seulement de transmettre la science, mais de créer un lien entre le public et les défis marins », confie Marie Troniseck, chargée des rations alimentaires pour les raies aigles : « Un excès ou une carence peut avoir des conséquences graves. Nous calculons chaque repas avec précision pour éviter tout risque ».

Depuis son démarrage, Nausicaá n’a pas cessé de grandir en importance scientifique. Son rôle d’acteur central dans la conservation marine européenne est désormais incontournable, grâce à une combinaison de savoir-faire humain et d’innovation continue.