L’escalade anti-chrétienne en Israël : un danger croissant pour les minorités religieuses

Depuis des mois, une série d’incidents violents contre les communautés chrétiennes en Israël révèle une montée en puissance de l’antichristianisme. Des soldats israéliens dans le sud du Liban ont profané des symboles religieux en frappant un crucifix avec une masse et en plaçant une cigarette dans la bouche d’une statue de la Vierge Marie. À Jérusalem, une religieuse française a été agressée près du Cénacle par Yonah Shreiber, un extrémiste juif âgé de 36 ans, qui l’a frappée puis jetée à terre.

L’abbé Nikodemus Schnabel, moine bénédictin à Jérusalem, accuse explicitement des responsables israéliens de « haïr le christianisme » et de ne pas garantir la sécurité des minorités. « Cet homme qui a défendu les incendiaires dans un feu criminel en 2015 est aujourd’hui responsable de ma sécurité », explique-t-il, faisant référence à Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale.

Les chiffres sont alarmants : en 2025, les attaques contre les chrétiens ont augmenté de 63 %, avec des crachats (plus de 50 %) et des profanations religieuses en tête. L’abbé Schnabel a lui-même été victime d’une agression, subissant des coups et des crachats près du Mur de l’Ouest.

« Les lieux saints sont menacés », déclare-t-il. « Des groupes extrémistes affirment que les églises doivent disparaître, et que la présence chrétienne à Jérusalem doit être effacée. » Selon lui, des communautés comme celles de Chypre ou de Grèce envisagent même de quitter le pays. « L’opinion dominante en Israël est que « l’Israël appartient aux Juifs », et que les minorités doivent être silencieuses », souligne-t-il, prévenant ainsi la disparition des chrétiens de souche dans la Ville Sainte.

En Cisjordanie, le village chrétien de Taybeh est menacé par des colons extrémistes, témoignant d’une résurgence d’idéologies qui excluent tout espace pour le christianisme.