Huit mois après une motion de défiance portant sur Eve Szeftel, directrice de rédaction de Marianne, les tensions internes resurgissent. Un article dédié à la première année de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel a été modifié suite à des échanges avec l’ensemble des actionnaires du groupe CMI France, selon une source interne.
L’affaire a été mise en lumière lors d’une réunion de l’équipe le 6 mai. Les journalistes ont examiné la signature de l’enquête attribuée au pseudonyme Thomas Vallières, ainsi que des initiales « E.C. » pointant vers Etienne Campion. Selon Eve Szeftel, le journaliste avait refusé les corrections initialement demandées, jugées inadéquates en termes de règles éditoriales. Toutefois, plusieurs collègues assurent qu’il avait accepté des ajustements avant de réclamer l’annulation de sa signature après avoir appris l’intervention d’un actionnaire dans le contenu.
Un rapport interne attribué à Campion indique que Szeftel lui aurait reproché d’avoir été « piégée » par ce projet, soulignant qu’à Marianne, « on n’écrit pas sur Ferrand ». La directrice conteste fermement cette version : « Je n’ai jamais eu d’échanges avec CMI sur le fond des articles. Seul le marketing a pu intervenir sur la couverture. » Denis Olivennes, président du conseil de surveillance de CMI France, qualifie ces déclarations de « tissu de conneries ».
Cette crise s’inscrit dans un contexte récent : en mars dernier, un article signé par Szeftel sur l’extrême droite, les juifs et les insoumis avait suscité des inquiétudes en raison d’une proximité supposée avec son mari. À l’époque, 82 % des rédacteurs avaient adopté un courrier dénonçant des « accroches trompeuses » et une « tonalité partisane ». Aujourd’hui, Marianne vend environ 106 990 exemplaires par semaine, en baisse de près de 17 % comparée à l’année précédente.