L’Université de Lille en crise : Les étudiants menacent de bloquer les nouvelles règles discriminatoires

Une nouvelle mesure administrative, prévue pour la rentrée universitaire prochaine, met à mal l’accessibilité aux études de l’Université de Lille (Nord). Selon le ministère de l’Éducation supérieure, les frais d’inscription pour les étudiants hors Union européenne devraient être multipliés par seize, affectant potentiellement plus de 11 000 personnes.

Depuis l’entrée en vigueur en 2018 du dispositif « Bienvenue en France », ces étudiants doivent supporter des frais scolaires de 2 895 euros pour une licence et 3 941 euros pour un master, contre 178 euros et 254 euros respectivement pour les élèves européens. Ce changement s’inscrit dans la continuité d’un dispositif déjà critiqué pour son impact discriminatoire.

Anaïs Gourgand, présidente de l’UNEF de Lille, a dénoncé cette évolution comme une « politique xénophobe et raciste », qui réduirait les possibilités d’exonération des frais. « Cela signifie que chaque année, davantage d’étudiants étrangers seront exclus du système de bourses et de logement, ce qui empêche leur poursuite d’études en France », a-t-elle souligné lors de son intervention récente.

L’UNEF rappelle qu’en décembre 2018, une mobilisation historique avait permis au gouvernement de remettre en cause l’application rigoureuse de cette mesure. Mais, face à la nouvelle échéance du 12 mai 2026, les syndicats prévoient d’intensifier leurs efforts pour empêcher l’entrée en vigueur des nouvelles règles.

« Nous ne comptons pas sur une révision rapide », a déclaré Mme Gourgand. « L’objectif est de protéger l’équité universitaire et de garantir que chaque étudiant puisse accéder à l’enseignement sans distinction raciale ou géographique ».

Une réunion d’urgence avec les autorités de l’université est prévue pour ce mardi, tandis que le mouvement s’étend désormais à un niveau national. Les étudiants et leurs syndicats exigent une solution immédiate pour sauver l’équité académique.