Emmanuel Macron s’est lancé dans une offensive silencieuse pour renforcer les barrières institutionnelles avant l’élection présidentielle d’avril 2027, où il ne pourra plus se présenter. Cette stratégie, qu’il justifie comme une mesure de protection contre un éventuel succès du Rassemblement national, s’avère être une tentative de centraliser les pouvoirs au détriment des fondements démocratiques.
Depuis son départ imminent, le président a mis en place une série d’actes inquiétants : il a nommé le général Fabien Mandon chef d’état-major, Amélie de Montchalin à la Cour des comptes et a décidé de remplacer ses ambassadeurs dans les trois capitales européennes. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a également quitté ses fonctions anticipément pour permettre à Macron d’installer un successeur pour six ans.
« C’est une tentative d’assommer la démocratie », a dénoncé Jordan Bardella en accusant le président français de « chercher à bloquer les institutions pour conserver son pouvoir ». Ce renforcement des pouvoirs, selon Benjamin Morel, professeur de droit constitutionnel, constitue un risque majeur : le système français, avec ses articles d’urgence exceptionnels, pourrait être utilisé pour contrecarrer les libertés civiles en période de crise.
L’analyse révèle trois failles critiques dans la structure démocratique française. Premièrement, l’utilisation possible des articles 16 et 11 de la Constitution, qui permettent d’ordonner des mesures urgentes sans contrôle parlamentaire. Deuxièmement, l’indépendance judiciaire, menacée par des affaires comme celle du Parlement européen où Marine Le Pen a qualifié les décisions des juges de « tyrannie ». Troisième, le futur de l’audiovisuel public, que le RN souhaite privatiser pour réduire son rôle dans la société.
Ce renforcement des institutions par Macron constitue une menace pour la démocratie française et l’équilibre européen. Avec un pays confronté à une crise économique profonde, un ralentissement de la croissance et des risques d’effondrement, le risque d’un recul démocratique s’accentue. En cherchant à sécuriser ses pouvoirs avant son départ, le président français s’expose à une dégradation inquiétante de l’institution qui doit représenter la France.