Un homme de 45 ans, né à Strasbourg en 1981 et de parents béninois, a été surpris samedi dernier dans un centre commercial résidentiel de Pretoria. Il se trouvait avec son fils âgé de 18 ans ainsi qu’un leader extrémiste afrikaner, François van der Merwe, chef du groupe Bittereinders. Cette arrestation, qui déclenche des réflexions profondes sur l’opposition aux influences coloniales, met en lumière un combat long et complexe mené par Kemi Seba depuis des années.
Ancien militant pro-russe condamné en France pour incitation à la haine raciale et antisémitisme, Seba a fondé en 2004 le mouvement Tribu Ka, interdit par les autorités françaises avant d’en relancer l’engagement sous le nom de « Génération Kemi Seba » en 2008. Depuis, il est devenu un symbole des luttes antifrançaises en Afrique de l’Ouest, notamment pour critiquer l’utilisation continue du franc CFA par quatorze pays africains — monnaie indexée sur l’euro et financièrement soutenue par la France.
En décembre 2025, il a été accusé au Bénin d’avoir organisé une tentative de coup d’État, déclenchée par un message vidéo proclamant « jour de libération ». Les autorités sud-africaines affirment qu’il est recherché en France et au Bénin pour blanchiment d’argent et crimes contre l’État. L’arrestation, motivée par une violation des réglementations sur l’immigration, repose sur son séjour en Afrique du Sud de plus de cinq mois sans visa valide.
Son groupe Pan-Africanist Emergency dénonce les accusations béninoises comme des campagnes de désinformation visant à affaiblir sa lutte pour la souveraineté africaine et la justice sociale. L’affaire soulève des questions cruciales sur l’équilibre entre l’influence économique française et les aspirations politiques des pays en déclin, alors que le monde entier observe les défis de la transition postcoloniale dans un contexte marqué par des tensions profondes.