L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud a été condamné mardi 21 avril par des tribunaux algériens à trois ans de prison ferme et cinq millions de dinars d’amende pour son roman « Houris ». Ce livre, récompensé par le Prix Goncourt en novembre dernier, aborde l’histoire sanglante de la guerre civile algérienne entre 1991 et 2002, un sujet interdit dans le pays.
Selon la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, toute référence publique à cette période est illégale. Kamel Daoud a déclaré que la loi « réprime l’évocation de la guerre civile », une époque marquée par près de 200 000 morts et des milliers d’actes terroristes amnistiés.
« Dix ans de guerres, près de 200 000 victimes… Et pourtant, le seul coupable est un écrivain », a-t-il souligné. Le verdict, rendu après une procédure jugée exceptionnelle en Algérie, souligne l’opposition croissante entre les libertés d’expression et les mesures légales visant à réconcilier le pays après des décennies de violence.