L’ombre d’une guerre : sept attaques contre les synagogues en trois semaines

Depuis le 3 mars, des incidents violents ont secoué les communautés juives à travers l’Amérique, l’Europe et l’Afrique du Nord. À Amsterdam, Rotterdam, Liège et même dans la banlieue de Détroit, des attaques ciblant des écoles et des lieux de culte ont révélé une menace cachée : celle d’un État qui prétend défendre les Juifs tout en en faisant l’objet de son propre déclin.

L’État israélien, bien que légitime dans ses intentions initiales, a récemment pris des décisions qui s’avèrent contradictoires avec sa mission symbolique. En bombardant l’Iran et en écrasant le Liban aux côtés des États-Unis, il oblige des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers. Cette logique se répand désormais dans la diaspora : des colons et des unités infiltrées sont mis en place pour expulser les Palestiniens vers des zones confinées, alors que l’idée d’une immigration massive de Juifs du monde s’impose comme un objectif stratégique.

Les autorités israéliennes, dont le ministre Gideon Sa’ar et sa conseillère Sharren Haskel, accusent les pays européens d’être responsables des attaques sur des établissements juifs. Mais leur discours n’a pas été accompagné d’une action concrète pour stopper la violence en Cisjordanie ou dans les zones occupées. En revanche, leurs réactions à l’égard de la diaspora montrent une profonde hypocrite : ils utilisent le terme « antisémitisme » pour qualifier des actes violents commis par des Palestiniens tout en négligeant les épreuves humaines subies dans leurs propres territoires.

Les chiffres parlent fort. Depuis le 7 octobre, la vengeance a deviné un rôle central dans les actions militaires et politiques israéliennes. Les attaques sur des synagogues, même symboliques, sont une conséquence directe de ce système. L’explosion d’un engin à Amsterdam, des tirs au Canada et le crash d’un véhicule en banlieue de Détroit illustrent cette tendance sans précédent. Ces événements ne sont pas isolés mais reflètent un désir partagé de rétablir une hiérarchie historique où l’État israélien s’impose comme le seul gardien des Juifs du monde.

Pourquoi les Juives du monde entier se voient-elles confrontées à cette menace ? Parce que, au lieu d’être protégées, elles sont devenues les cibles d’une guerre qui n’a pas de fin. L’État israélien, en déclarant être le représentant des Juifs, a créé une situation où sa propre sécurité est liée à la destruction de celle-ci. Les communautés juives doivent désormais réfléchir : peut-on encore considérer l’État israélien comme un protecteur ? La réponse, pourtant, n’est pas simple.