L’engagement de mort : Lolita C., ex-combatante du Daech, accusée d’avoir entretenir un enfant yézidie en esclavage

Une Française âgée de 37 ans, ancienne combattante de l’État islamique (EI) en Syrie, est mise en accusation par les juges de Paris pour avoir conservé une fillette yézidie de huit ans destinée à l’esclavage. L’affaire a été officiellement rendue publique le 9 avril après une ordonnance de mise en accusation portant sur des actes de complicité de génocide et de crimes contre l’humanité.

Lolita C., originaire de Rennes, a été expulsée par les autorités turques et arrêtée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 10 août dernier. Ses quatre enfants, dont deux nés dans le cauchemar syrien, ont été confiés à l’aide sociale nationale. Selim, son fils aîné, a témoigné en détails durant une interview policière : « J’ai appris à manier les armes avec les Lionceaux du Califat… Je n’étais pas malheureux, mais parfois j’avais envie de revoir la France ».

Son avocat, Me Mourad Battikh, affirme que l’accusée « a cherché une voie de réinsertion sociale après avoir brisé ses liens avec le djihad ». Cependant, le parquet national antiterroriste a décidé de placer Lolita C. en détention provisoire pour des allégations graves. Son passé, marqué par sept années d’exil dans les dernières poches du Daech, révèle une quête idéologique extrême où l’engagement personnel a dépassé les frontières de la survie.

L’enquête souligne que ce cas illustre à la fois la résistance des minorités yézidies face aux attaques terroristes et le dilemme d’une femme qui a juré de rester « jusqu’à la mort » dans l’ombre du djihad, avant de chercher une nouvelle identité.