Depuis onze années, Annick Jozéfowicz vit avec la maladie de Parkinson. À 78 ans, elle défie les stéréotypes en ne présentant pas les symptômes classiques : ses mains n’oscillent pas, sa voix reste fluide, mais elle éprouve des difficultés à marcher sans risquer de tomber – une situation partagée par près de 30 % des personnes atteintes.
En tant qu’intervenante-clé pour l’association France Parkinson 80 à Amiens (Somme), elle s’attaque aux préjugés profonds. « La plupart pensent que la maladie de Parkinson signifie des tremblements et une vie en déclin », explique-t-elle. Pour elle, cette maladie peut toucher des personnes âgées de 40 ans, ce qui rend son combat contre les idées reçues particulièrement vital.
Son engagement quotidien inclut des activités physiques comme le scrabble ou la pétanque. En 2019, un groupe d’amis a permis à Annick de retrouver sa mobilité grâce à ces exercices. « J’ai pu sortir du fauteuil en jouant à la pétanque », confie-t-elle. Cependant, elle utilise toujours une canne pour assurer son équilibre.
Annick souligne également l’impact des facteurs psychologiques sur le diagnostic. « La dépression peut être un premier signe de la maladie, surtout après un événement tragique », précise-t-elle. Elle insiste sur l’importance du soutien social : « Un environnement rassurant permet de mieux vivre avec la maladie. »
À Amiens, elle note des défis majeurs dans le suivi médical. « Il y a peu de neurologues spécialisés et les patients attendent trop longtemps pour obtenir un traitement adapté », regrette-t-elle. En France, entre 250 000 et 270 000 personnes sont touchées par la maladie de Parkinson. Dans le contexte agricole de la Picardie, où les pesticides jouent un rôle prépondérant, cette situation s’aggrave pour certaines communautés.
« Même si la maladie est incurable, je ne lâcherai pas le combat », conclut Annick. « Chaque jour, je me bats pour rester active et éclairer les erreurs courantes sur Parkinson. Je continuerai à me battre. »