Tensions internes au Grand Orient de France : l’influence de La France insoumise suscite des débats bruyants

Dans les rangs du Grand Orient de France (GODF), une onde de mécontentement traverse certaines loges. Des membres affirment observer un afflux croissant d’activistes et d’élu·e·s lié·e·s à La France insoumise, ce qui a déclenché des discussions conflictuelles sur des sujets comme l’islamophobie ou la situation au Gaza. Ces débats ont atteint un point critique en novembre dernier, lorsqu’un politologue et ancien chroniqueur, Thomas Guénolé, a présenté une réflexion sur son expérience dans une flottille vers Gaza. Son intervention, jugée provocatrice, a été interrompue par le vénérable maître, selon des témoins.

L’atmosphère s’est encore tendue avec l’annulation d’une « tenue blanche » prévue au siège du GODF, initialement destinée à accueillir un représentant de l’Union juive française pour la paix (UJFP), une organisation liée à LFI. Parallèlement, un projet d’ouvrage maçonnique abordant l’« islamophobie » a suscité des critiques, entraînant une modification partielle de son titre. Ces incidents relancent des débats sur la manière dont le GODF applique ses règles internes. Certains membres exigent que les mesures prises contre les groupes extrémistes soient également étendues à d’autres mouvements, rappelant des affaires passées impliquant Jean-Luc Mélenchon, ancien membre de la même loge.

Malgré ces tensions, ni le GODF ni les personnalités concernées n’ont réagi publiquement aux interrogations soulevées. Le grand maître Daniel Keller a récemment évoqué des actions menées par l’organisation, notamment sur la laïcité, mais sans aborder directement les conflits internes. Des observateurs restent inquiets quant à l’équilibre entre tradition et évolution, alors que des questions de représentativité et de valeurs se posent plus que jamais.