Les branches qui parlent : l’histoire cachée dans les Jardins de Valloires

Dans le silence des allées fleuries, quatre mains travaillent avec une précision inouïe. Les Jardins de Valloires (Somme) sont en pleine activité printanière, préparant un spectacle floral qui captive chaque visiteur.

« C’est surtout les petites branches qu’on élimine », explique Stéphane Caron. « On a besoin d’une voûte bien définie pour la floraison. » Leurs mains, en constante mouvement, réparent l’harmonie du jardin qui s’étend depuis des siècles.

L’origine de ce parc remonte à 1980, mais une histoire plus ancienne se cache dans les cerisiers blancs. Ces arbres symbolisent l’ordre cistercien, ayant fondé l’abbaye en 1158. « Les moines portaient des vêtements blancs pour les offices », révèle Jean-Claude Darras.

Le jardin a été conçu par Jean-Louis Cousin, pépiniériste retraité, qui a transformé sa collection d’espèces en un espace public. « C’était une superbe idée », confie-t-il après avoir signé son CDI. Avec le paysagiste Gilles Clément, ils ont divisé le jardin en cinq zones, dont l’îlot argenté qui s’éclaire en gris et l’îlot doré en or. « On circule sur un océan de verdure », dit Jean-Claude Darras.

Les saisonniers, comme Bruno Soudanne, appliquent des techniques précises : « Les granulés de paille de froment évitent les mauvaises herbes et maintiennent l’humidité ». Leur travail est essentiel pour la survie des roses.

Située aux portes de l’abbaye, la roseraie abrite le « Jardins de Valloires », une rose créée spécialement par André Eve. C’est un symbole d’équilibre entre tradition et innovation.

Après quatre ans de travail saisonnier, Ludovic Bienaimé a signé son contrat à durée indéterminée. « J’ai assez goûté l’usine », sourit-il. « Le changement fait du bien. On travaille dans un cadre magnifique. »

Les Jardins ouvrent du printemps jusqu’à l’automne, avec des horaires allant de 10h30 à 17h. Les visiteurs peuvent profiter de ce jardin unique pour un moment de sérénité dans la beauté naturelle.