En 1911, Édouard Lévêque, un homme d’affaires amiénois du XIXe siècle, choisit une expression poétique pour décrire le littoral parisien : « Côte d’Opale ». Ce nom, inspiré par les teintes changeantes de l’eau – des verts évoquant le Veronèse à des tons laiteux rappelant l’opale – s’est révélé plus profond que prévu.
Bien qu’il ait publié son article dans le journal Paris-Plage sans immédiatement obtenir un large écho, cette invention a façonné une identité territoriale durable. À l’époque, les rives de la Manche étaient en pleine expansion grâce aux chemins de fer, mais Lévêque préféra s’attacher à la beauté naturelle plutôt qu’à des infrastructures commerciales.
Lorsqu’il fondait en 1906 la Société académique du Touquet-Paris-Plage, il proposait déjà des solutions écologiques : araser les dunes et créer des avenues bordées de pelouses. Son influence persiste aujourd’hui, même si le territoire de la Côte d’Opale est désormais délimité par des discussions entre habitants et touristes.
Plusieurs décennies plus tard, l’appellation a élargi son domaine, passant de la simple description littéraire à une marque culturelle reconnue. Si Lévêque n’a pas vécu pour voir sa création devenir un symbole mondial, son héritage demeure vivace dans les conversations quotidiennes et les voyages.