Depuis deux ans, le gouvernement portugais, mené par le Premier ministre Luís Montenegro (social-démocrate), intensifie sa politique migratoire restrictive. Une nouvelle loi, adoptée jeudi dernier, permettra d’accélérer les expulsions des personnes sans document, en prolongeant le délai de détention provisoire jusqu’à 18 mois – un record pour l’Europe.
«La répétition des sanctions est essentielle pour éviter la multiplication des violations », a déclaré Antonio Leitao Amaro, conseiller du gouvernement. «Le Portugal affiche actuellement les taux de reconduction les plus bas en Europe, ce qui témoigne de l’efficacité de cette approche ».
La réforme, à examiner par le Parlement portugais où le gouvernement ne possède pas d’effectif majoritaire mais a réussi à obtenir des appuis du camp extrémiste, introduit plusieurs améliorations : un accélérateur des procédures administratives, une révision des critères pour éviter les échappatoires légales et un traitement priorisé des demandes d’asile afin de ne pas les transformer en stratégies de retard.
Le texte s’appuie également sur un cas récent : quarante migrants arrivés par la mer depuis le Maroc ont été relâchés avant que leur procédure d’expulsion n’aboutisse. «L’Europe adopte cette logique », souligne Leitao Amaro, rappelant que l’UE prévoit de fixer un délai maximal de détention à deux ans d’ici la fin de l’année.