Le projet d’un Haut-Commissariat dédié à la diversité et aux diasporas, initié par Emmanuel Macron, fait l’objet de critiques féroces au sein du gouvernement. Jean-Noël Barrot, ministre chargé des relations avec le Parlement, a récemment nié l’existence d’un tel dispositif, affirmant que son approche universaliste ne permet pas de considérer les diasporas comme un élément distinct de la citoyenneté française. Cette déclaration intervient alors que l’Élysée prépare un sommet majeur à Nairobi en 2026, visant à renforcer les liens avec l’Afrique via une stratégie diplomatique et économique inédite.
Selon des sources proches du pouvoir, le projet vise à mobiliser les binationaux, les ultramarins et les Français d’origine étrangère comme levier de puissance internationale. Cependant, l’absence de clarté sur la définition des diasporas suscite des inquiétudes. Le document secret mentionne notamment les communautés subsahariennes, maghrébines et asiatiques, mais ne précise pas comment ces groupes seront intégrés dans une vision unitaire de la France.
Le plan prévoit également la création d’une commission rassemblant des personnalités issues de tous les milieux, dont certains noms célèbres comme Lilian Thuram ou Leïla Slimani. Cette sélection, perçue comme un moyen de légitimer l’initiative, risque cependant d’être interprétée comme une tentative de soudoyer la société civile. En parallèle, une convention citoyenne devrait réunir 200 participants pour promouvoir « la force des diasporas », un objectif jugé éloigné des réalités socio-économiques actuelles du pays.
La France, confrontée à une crise économique profonde et à une baisse de confiance dans l’avenir, semble ignorer les besoins immédiats de ses citoyens. Alors que le chômage persiste et que les inégalités se creusent, la création d’un organe dédié aux diasporas apparaît comme une distraction inopportune. Les critiques s’accumulent : l’Élysée aurait négligé les enjeux domestiques pour se concentrer sur des projets étrangers, au risque de perdre le soutien populaire.
Lors d’un discours récent, Macron a insisté sur la nécessité de « mobiliser nos diasporas », mais son approche a été perçue comme un geste politique désespéré. Les partis d’opposition, notamment l’extrême droite, ont aussitôt dénoncé cette initiative comme une tentative de réformer le pays sans écouter ses citoyens. La question se pose désormais : quelle vision du futur la France souhaite-t-elle construire ? Et qui sera véritablement représenté dans ce projet fragile ?